Sculpture et critique

Avec les sculpteurs, Baudelaire en 1846 était plutôt critique, dans Les Contemplations esthétiques, « Pourquoi la sculpture est ennuyeuse ? »
Il écrit : L’origine de la sculpture se perd dans la nuit des temps; c’est donc un art de Caraïbes.
En effet, nous voyons tous les peuples tailler fort adroitement des fétiches longtemps avant d’aborder la peinture, qui est un art de raisonnement profond et dont la jouissance même demande une initiation particulière. La sculpture se rapproche bien plus de la nature, et c’est pourquoi nos paysans eux-mêmes, que réjouit la vue d’un morceau de bois ou de pierre industrieusement tourné, restent stupides à l’aspect de la plus belle peinture [.] Sortie de l’époque sauvage, la sculpture, dans son plus magnifique développement, n’est autre chose qu’un art complémentaire.

L’Art est mort ?

La peinture, comme une photo avec son décor attire. L’image propose un point de vue qui focalise souvent l’attention par son apparence décorative ou par la puissance dégagée par le sujet.
La sculpture semble simple au premier regard. Effectivement, un chat est un chat, une femme nue est une femme nue; cela suffit. Alors qu’en fait, les sculptures qui s’exposent demandent de faire abstraction de ce qui est autour.
En excluant les sculptures qui décorent les places de nos villes, l’art sculptural est considéré comme secondaire. La sculpture passe souvent à coté de l’œil des promeneurs. Le cinéma, la photo et la télé écartent le volet tridimensionnel et réduisent la pauvre sculpture au titre de lampadaire.

La sculpture invisible

Notre cerveau est conditionné par la surabondance et platitude de l’image, il devient à la fois paresseux et affamé d’images nouvelles… sans rechercher à les analyser. C’est l’ère du prémâché et c’est un gros travail à réaliser pour celui qui est habitué à ce qu’on lui explique tout d’avance.
Le sculpteur doit créer plusieurs facettes qui le contraignent à présenter au regard plusieurs points de vue.
Soucieux du contenu, les sculpteurs intuitifs, poussés par des émotions et qui savent moins bien utiliser les mots pour décrire leur démarche, à contrario des spécialistes de l’art conceptuel, ont du mal à y trouver des repères.

Actuellement l’idée semble être la seule qui a de l’attrait, à l’inverse de sa réalisation. L’idée peut se passer de l’objet. Aujourd’hui même des concerts de ‘’musique’’ remplacent le chanteur par un hologramme 3D capable de transpirer pour de faux !

Retrouvez son regard tactile

Le support papier éclaire l’amateur d’art contemporain dans ses choix d’acquisition d’une œuvre. En revanche, tous les artistes ne sont pas prédisposés à trouver les mots qui vont plaire.
Les sculpteurs modestes dans leur art proche du primitif sont un peu étouffés par les plasticiens industriels.

L’idée dépasse largement l’œuvre comme celle d’Anish Kapoor ou celle clinquante de Jeff Koons, ancien trader et chef de file aujourd’hui de la culture néo-pop avec ses chiens en forme de saucisses bien reconnaissables.
Pour les artistes de ce mouvement, il n’existe pas d’art supérieur à un autre. Les œuvres doivent être à la portée de tous et pas seulement d’une élite. Cependant les prix eux relèvent du délire.
Créateur à gros budget d’art éphémère. De l’éphémère à l’effet merde…. Concept déjà réalisé par les vomis colorés de Millie Brown qui a gagné une renommée internationale grâce à son « art » ou encore Paul McCarthy avec ses crottes géantes gonflables qui parcourent le monde.
Masturbation intellectuelle, art business, art?